À l’origine, En attendant Bojangles est un roman d’Olivier Bourdeaut. Un de ces “page-turners” que l’on ne dévore pas pour son intrigue haletante, mais plutôt pour sa fantaisie, sa douceur, son onirisme presque envoûtant qui nous serre le cœur autant qu'il nous fait sourire. Depuis le 8 janvier et jusqu’au 8 mars 2026, l'histoire sort du cadre des lignes noires sur les pages blanches, pour entrer en mouvement sur scène, au Théâtre de l’Œuvre, dans une mise en scène délicate de Victoire Berger-Perrin. Charlie Dupont, Tania Garbarski et Jérémie Pétrus — en alternance avec Victor Boulenger — incarnent cette famille singulière, haute en couleur, pour laquelle on se prend incontestablement d’affection. Voici trois bonnes raisons d’aller voir ce spectacle avant que le rideau ne tombe.
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1) Un instant suspendu dans un monde plein d’excentricité
En attendant Bojangles est le récit d’une famille qui s’affranchit des règles et des normes pour vivre dans sa propre bulle. Chez eux, le quotidien est un immense terrain de jeu, le monde est un infini champ des possibles, et les minutes s’égrènent au rythme de la fête, de la musique — bien sûr —, et de l’amour.
Sur scène, les comédien·ne·s parviennent, avec brio et une spontanéité presque déconcertante, à nous inviter dans le salon de leur appartement ou sur la terrasse ensoleillée de leur maison en Espagne. Le quatrième mur est toujours dressé ; pourtant, on se sentirait presque invité·e·s à danser sur la voix vibrante de Nina Simone aux côtés de cette famille loufoque.

©Anne Colliard
2) De la fantaisie dans la tête, de la sobriété sur scène
Ni trop, ni pas assez : le juste milieu parfait. Sans chercher à être dans l’hypermodernité, la pièce est fidèle au théâtre traditionnel que l’on affectionne tant, celui où de véritables décors se meuvent au fil des scènes. Un canapé qui traverse la scène, un bureau, le tableau du fameux cavalier prussien… Chaque élément a un rôle à jouer, au même titre que les comédien·ne·s, et s'accorde parfaitement avec la lumière et les sons, qui ont une importance cruciale.
Les tenues, elles aussi, prennent tout leur sens : les costumes des deux hommes traduisent une certaine élégance et une stabilité, tandis que les différentes robes colorées de Camille — si tant est que ce soit son prénom ce jour-là — reflètent une personnalité à la fois plus libre et éclatante, mais également plus vacillante.

©Luana Van de Poele
3) De l’émotion à foison
On sourit, on rit, on est attendri·e, mais on pleure aussi… En 1h20 seulement, la pièce nous entraîne dans une traversée émotionnelle puissante. À l'image d'une véritable famille, l'amour inconditionnel qui unit ce trio irradie jusque dans la salle. On s’attache à ces personnages comme à des proches dès les premières minutes. Alors forcément, lorsque le tragique toque à la porte pour perturber la fête, la gorge se serre.

©Anne Colliard
C'est un spectacle d'une tendresse infinie, dont on sort le cœur lourd et les yeux humides, mais surtout avec la folle envie de ranger le sérieux au placard et de remettre un peu d’inventivité, de coquetterie et de rêverie dans nos vies.
En attendant Bojangles
Théâtre de l'Oeuvre
55, rue de Clichy — 9e
Jusqu'au 8 mars 2026
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