Quand on remonte la rue Bergère, rien ne laisse présager ce qui se joue derrière les palissades. Et pourtant, le 14 rue Bergère est loin d’être un immeuble ordinaire. Construit à la fin du XIXᵉ siècle, il fut pensé comme un manifeste du progrès industriel. Il abritait alors les services centraux du Comptoir national de réescompte, ancêtre de BNP Paribas.
Pierre de taille, structures métalliques, vastes verrières culminant à 17 mètres, grandes baies vitrées : l’architecture mêle prouesses techniques et ambition esthétique. À l’époque, le bâtiment disposait déjà du chauffage central à vapeur et d’un système de courrier par tubes pneumatiques, un luxe absolu. Classé Monument historique, il incarne cette période où Paris concevait l’architecture comme un art total. Mention spéciale pour les verrières, véritables signatures du lieu, qui baignent les espaces d’une lumière spectaculaire.
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Un chantier titanesque pour créer un lieu de vie hybride
Depuis plusieurs mois, l’immeuble est en pleine réhabilitation. Objectif : transformer ces 26 000 m² en un lieu ouvert, vivant et pluriel. Ici, pas question de figer le bâtiment dans le passé. Au contraire, le projet assume une réinvention complète des usages.
Au programme : un grand restaurant installé sous les verrières, un bar, un hôtel, des espaces de coworking, une salle de sport, deux niveaux de jardins et même un rooftop. S’ajoutent des espaces dédiés à des expositions ou à des événements, pensés pour accueillir aussi bien les habitants du quartier que les visiteurs de passage. L’idée est claire : faire du bureau un lieu de rencontre, de respiration et de brassage, à mi-chemin entre travail, culture et détente.
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Faire dialoguer patrimoine et modernité
Ce qui rend le projet du 14 rue Bergère particulièrement intéressant, c’est sa manière de traiter l’héritage architectural. Les verrières sont conservées et restaurées, les volumes d’origine respectés, les circulations repensées pour valoriser l’existant. Chaque intervention cherche l’équilibre entre conservation et création.
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Dans un Paris où de nombreux bâtiments sont transformés sans ménagement, cette approche attentive fait figure d’exception. Les artisans et architectes engagés sur le chantier parlent d’un dialogue constant avec le passé, sans nostalgie excessive ni effacement brutal.
La réouverture est annoncée pour 2026. D’ici là, le bâtiment continue de se dévoiler derrière ses échafaudages. Et si vous passez par la rue Bergère, prenez le temps de lever les yeux : ce géant de pierre s’apprête à redevenir l’un des lieux les plus vivants du 9e arrondissement.
