Ce constat interpelle et soulève une question fondamentale : comment inverser cette tendance alors même que l'accès à l'information n'a jamais été aussi vaste ? Plongée au cœur d'un enjeu majeur de santé publique qui nous concerne toutes et tous.
Des chiffres alarmants
Les données publiées par Santé publique France révèlent une augmentation continue des diagnostics d’IST bactériennes depuis 2022. En 2024, le bilan est particulièrement parlant : 61 100 infections à chlamydia recensées ; 25 800 gonococcies enregistrées, marquant une hausse spectaculaire de +35 % entre 2022 et 2024 (+40 % chez les hommes) ; 6 500 cas de syphilis. Et la courbe ne montre actuellement aucun signe de ralentissement.
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La chlamydia et le mpox en première ligne chez les jeunes et à Paris
Chez les 15-25 ans, les diagnostics de chlamydia ont fortement augmenté entre 2023 et 2024 : +13 % chez les femmes et +21 % chez les hommes. Très fréquente chez les jeunes adultes, la chlamydia passe très souvent inaperçue faute de symptômes, ce qui rend le dépistage régulier d'autant plus crucial.
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Le Mpox (infection virale se transmettant lors de contacts physiques ou sexuels rapprochés) enregistre également une vive remontée. En Île-de-France, 36 cas ont été recensés sur le seul mois d’avril 2026, soit une explosion de +300 % en un mois. Profil des personnes touchées : majoritairement des hommes (92 %) et des jeunes adultes de 15 à 44 ans (86 %).
Paris en première ligne : près d’un cas francilien sur deux (49,4 %) résidait à Paris. Seules 28,6 % des personnes au statut vaccinal connu avaient reçu au moins une dose. Concernant le VIH, entre 2014 et 2023, les nouveaux diagnostics ont bondi de +41 % chez les 15-24 ans, alors qu'ils ont diminué de -15 % chez les 25-49 ans.
Moins de sexe, mais plus de risques : l’explication du paradoxe
Comment expliquer une telle hausse alors que l'activité sexuelle globale diminue ? En 2023, 28 % des 18-24 ans déclaraient n’avoir eu aucun rapport sexuel au cours des 12 derniers mois (contre seulement 5 % en 2006).
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La raison principale ne réside pas dans la fréquence des rapports, mais dans l'usage du préservatif, qui est loin d’être un réflexe systématique. En 2023, lors du premier rapport avec un nouveau partenaire : 49,4 % des femmes et 52,6 % des hommes
déclaraient en avoir utilisé un. En clair : à peine une personne sur deux. Faire moins souvent l’amour ne protège donc pas si le réflexe de protection baisse au passage.
La bonne nouvelle : un dépistage simplifié, gratuit et sans ordonnance
Face à cette situation, l'accès au dépistage s’est considérablement facilité. Le dispositif Mon test IST permet désormais de se faire dépister directement en laboratoire, sans ordonnance et sans rendez-vous. Entre septembre 2024 et juin 2025, 840 000 personnes ont déjà franchi le pas. Chez les moins de 25 ans, le nombre mensuel de tests VIH via ce dispositif a carrément doublé.
Quels dispositifs selon votre âge
Tu as moins de 26 ans ? Profite d’un dépistage 100 % gratuit, sans ordonnance et sans rendez-vous en laboratoire pour le VIH, la chlamydia, la gonococcie, la syphilis et l’hépatite B.
Pour tous les adultes : Les CeGIDD (Centres Gratuits d'Information, de Dépistage et de Diagnostic) sont anonymes et 100 % gratuits pour l'ensemble des IST partout en France. De plus, le dépistage du VIH en laboratoire via Mon test IST est gratuit et sans ordonnance à tout âge (et pris en charge par l'Assurance Maladie pour les autres IST).
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Good practices : les bons réflexes à adopter au quotidien
Adopter la bonne fréquence : Se faire dépister régulièrement, idéalement tous les 3 mois en cas de nouveaux partenaires ou de partenaires multiples.
Respecter la fenêtre de détection : Attendre au moins 2 semaines après un rapport à risque pour effectuer le test.
Utiliser systématiquement le préservatif : lors de chaque nouveau rapport avec un partenaire afin d'assurer une protection efficace.
Communiquer avec ses partenaires : Échanger ouvertement sur le consentement, le dépistage et le bien-être de chacun.
Prendre soin de son hygiène intime : Retirer rapidement son maillot mouillé après la baignade et privilégier des produits doux non irritants respectueux du microbiome.
Pour aller plus loin :
Le podcast « Qui m'a filé la chlamydia ? » : une série audio décomplexée qui aborde la santé sexuelle et les IST avec humour et pédagogie.
Le podcast « La Chose Étrange » : un podcast intime qui traite de la sexualité sans tabous de manière ludique, positive et inclusive.
Guides et plateformes d'information : Sida Info Service, Fil Santé Jeunes ou On sexplique pour s'informer sereinement au quotidien.
Protégez-vous, dépistez-vous et vivez votre sexualité en toute sérénité !
