Vous avez l’habitude de dégainer vos titres-restaurants pour un montant précis, à des jours précis, pour des achats précis. Un plafond à 25 €, les jours de la semaine seulement et pour des produits alimentaires exclusivement… On connaît la chanson ! Mais une proposition de loi a été présentée le mercredi 7 octobre 2026, avec notamment pour objectif de changer le montant à dépenser et le nom de ce dispositif. On vous en dit plus.
De nouvelles mesures pour réinventer l'utilisation du titre-restaurant
Première mesure évoquée : changer le nom du titre-restaurant en titre-repas. Proposée par le parlementaire Jean Terlier, député EPR du Tarn, cette idée permettrait que la « dénomination corresponde aux usages réels du dispositif », à savoir faire ses courses, aller en boulangerie, manger dans des enseignes de restauration rapide, et pas uniquement dans des restaurants classiques. Par ailleurs, il est prévu que le titre-restaurant puisse être utilisable pour acheter « tout produit alimentaire contribuant à la préparation d'un repas », au-delà du 31 décembre prochain.
[Titre-restaurant : que reste-t-il de "restaurant" ? #1/2] Le titre s'appelle toujours "restaurant". En quatre ans, près d'un euro sur trois est pourtant allé à la grande distribution. | Le titre-restaurant change progressivement d'objet sans changer de nom ni, à ce stade, de régime social. Derrière une évolution de consommation se joue une transformation institutionnelle : un avantage construit autour du repas du salarié finance désormais aussi une part de ses achats alimentaires à préparer chez lui. Le mouvement accompagne celui observé par @WeAreCircana : au premier semestre 2026, les visites au restaurant à table reculent de 6,3 %, tandis que le circuit du food-to-go progresse de près de 5 %. Les titres donnent une mesure plus précise du déplacement. Selon les données de la CNTR reprises par le GHR @GHR_HCR , la part dépensée dans la restauration est passée de 46,5 % fin 2022 à 34,3 % début 2026 ; la grande distribution est montée de 22,4 % à 32,8 %. Le GHR traduit ces parts en 1,22 Mrd€ de dépenses annuelles perdues pour la restauration par rapport à fin 2022 et 1,04 Mrd€ supplémentaires pour la GMS. | Les deux montants sont proches ; leur importance économique ne l'est pas. Un organisme professionnel interrogé par l'Autorité de la concurrence évaluait les titres à 15 à 20 % du CA de la restauration, avec de très fortes différences selon les établissements ; @Adlc_ estime leur poids autour de 1 % du CA de la grande distribution alimentaire. Ce qui peut être déterminant pour l'un reste marginal pour l'autre. Le système a par ailleurs un coût pour tous les commerçants qui acceptent les titres. En 2022, sur un paiement dématérialisé de 10 €, l'Autorité simulait chez les quatre émetteurs historiques des commissions d'acceptation comprises entre 4,20 % et 4,55 %, contre une commission moyenne effective de 0,36 % côté employeurs pour ces mêmes émetteurs. Le titre s'appelle toujours restaurant. En quatre ans, près d'un euro sur trois est pourtant allé à la grande distribution.
— Dominique Crepy (@DomC_Twitt) October 1, 2026
Le texte prévoit également que le titre-restaurant puisse être utilisé le dimanche pour tous les salariés. La possibilité de différencier le plafond de dépenses journalier entre la grande distribution et les restaurants a également été évoquée. L’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) suggère un plafond de 25 euros pour « la restauration et [les] commerces de bouche et un plafond de 10 euros par jour pour la grande distribution ». La dématérialisation totale du titre-restaurant au 1er janvier 2028 fait partie des propositions. Le texte devra être discuté à l'Assemblée nationale le 12 octobre avant de passer au Sénat d’ici le mois de novembre et s’il est adopté, les premiers changements devraient être mis en place en 2027.
Plus de 60 ans d'histoire
S’il est aujourd’hui un moyen de paiement que l’on utilise presque quotidiennement, le titre-restaurant voit le jour en France en 1962, inspiré par les « Luncheon Vouchers » mis en place au Royaume-Uni. Ces derniers, imaginés par le docteur Winchendron, permettaient aux membres du personnel de sa clinique de se rendre chez des restaurateurs avec lesquels un accord avait été passé.
Il faut attendre 1967 pour qu’un vrai cadre législatif soit appliqué au titre-restaurant en France. Ce n'est qu'en 2022 qu'une dérogation a été accordée pour pouvoir acheter des produits non consommables immédiatement comme les pâtes ou le riz.
Au hasard : supprimons les tickets restos et augmentons les salaires nets en conséquence comme ça les salariés pourront disposer de leur argent comme ils le souhaitent
— 🌞 (@solishortus) October 7, 2026
