Depuis son arrivée au pouvoir, notre nouveau maire n’a pas caché sa volonté de poursuivre les efforts d’Anne Hidalgo, sa prédécesseure, en termes de transports et de partage de la voirie. Ainsi, il continue par exemple de faire la guerre aux voitures, en annonçant vouloir multiplier les zones entièrement réservées aux piétons. Et si sur le papier, on ne peut que saluer le projet, une question se pose cependant : dans ces rues, quid de l’utilisation du vélo ?
Des tensions grandissantes
Ces dernières années, nous assistons à une véritable explosion de la pratique du vélo dans les rues de Paris. Une augmentation massive bénéfique, puisqu’elle signifie notamment une baisse de l’usage de la voiture et des transports en commun — qui, bien que plus écologiques qu’une auto, polluent tout de même plus qu’une petite reine, tout le monde en conviendra.
💬 "Les riverains nous le demandent"
— BFM Paris Île-de-France (@BFMParis) December 12, 2024
Emmanuel Grégoire (@egregoire), député socialiste et candidat aux municipales à Paris, souhaite "tendre vers un objectif de 1.000 rues piétonnes" d'ici la fin de son mandat s'il est élu pic.twitter.com/lkHaxxh2nL
Cependant, cette multiplication des adeptes du pédalage n’est pas sans conséquences négatives non plus. Alors que certains fous de deux-roues se croient les rois de la rue, les conflits avec les piétons sont nombreux. Sans parler des incidents parfois dramatiques de plus en plus fréquents avec les voitures, camionnettes et autres motos. Mais alors qu’Emmanuel Grégoire a promis pendant son mandat la mise en place de plus de 80 « cœurs piétons », à l’image de ce qu’on peut déjà voir à Oberkampf, une véritable question se pose : quelle place reste-t-il pour les vélos ?
Diverses solutions à envisager
Pour maintenir la sécurité et la paisibilité des nouvelles voies, faut-il, à l’image de villes comme Lille, Amiens, La Rochelle ou Nice, imposer un pied-à-terre obligatoire ? Pour Delphine Bürkli, maire du 9e, ça ne fait absolument aucun doute, non pas pour pénaliser les cyclistes, mais pour protéger les piétons. Dan Lert, adjoint en charge des transports, est, de son côté, plus mesuré.
Les piétons sont devenus les nouveaux gibiers urbains.
— DME En Direct (@Drawmyeconomy) April 27, 2025
À Paris, tu regardes plus les vélos que les voitures. Parce qu’eux, ils s’arrêtent jamais.
Et on les subventionne pour ça. Vive la mobilité verte…https://t.co/YMIBHekOfj https://t.co/kQWvEOEG3y
À l’heure actuelle, les vélos ne sont pas bannis de ses axes, mais doivent respecter une obligation de rouler au pas, soit pas plus rapide qu’une personne qui marche. Une obligation malheureusement pas toujours respectée, notamment par les propriétaires de véhicules à assistance électrique (coucou les fatbikes…). Associations et adjoints semblent cependant sur la même longueur d’onde : si un pied-à-terre devait être mis en place, il ne pourrait se faire sans la mise en place d’itinéraires alternatifs bien conçus pour les cyclistes (un manque qui fait par exemple défaut au pont des Arts, normalement interdit aux bicyclettes). Une situation qui devrait être étudiée au cas par cas, pour trouver le meilleur moyen de rendre tout le monde heureux.
