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Top des mots et expressions qu’on n'entend qu’à Strasbourg et en Alsace

undefined undefined 23 juillet 2020 undefined 10h30

undefined undefined 15 septembre 2026 undefined 17h49

Faustine C

Parce que soyons honnêtes deux minutes : la langue française était beaucoup trop basique pour exprimer toute la subtilité de la vie alsacienne. Si vous débarquez dans la région ou que vous voulez juste passer pour un vrai local au comptoir, voici le guide de survie ultime.

Ces mots indispensables qu'on n'échange pour rien au monde

  • Un schmoutz : Le bisou de chez nous ! Après un repas gargantuesque chez mamie, impossible de filer sans lui claquer un gros schmoutz sur la joue.

  • Un schlouk : L'équivalent d'une petite gorgée. Vous n'avez pas vraiment soif mais vous voulez faire acte de présence ? Lancez un petit « juste un schlouk alors ! » et le tour est joué.

  • Schatz : Directement emprunté à l'allemand, il signifie littéralement « trésor ». C'est le « bébé » ou le « doudou » de l'Est. Bref, le surnom qu'on donne à son ou sa chéri(e).

  • Un stück : Le cousin du schlouk, mais pour les aliments solides. Prendre un stück de tarte aux quetsches, c'est en prendre une petite part. Parfait pour la phrase : « J'ai plus faim mais bon, mets-moi juste un stück pour goûter. »

  • Les schlopps : Pantoufles, chaussons, claquettes... Appelez-les comme vous voulez, mais ici, à peine le pied posé dans l'entrée, on s'empresse d'enfiler ses schlopps.

  • La finette : Quand le mercure chute, pas le choix : il faut sortir la finette ! La « France de l’intérieur » parlera de maillot de corps ou de marcel... Les mamies d'ici diront aussi « hemdele » (la petite chemise).

  • Le foehn : Dire « sèche-cheveux » ? Bien trop long et sans saveur. En sortant de la douche, on s'arme de son foehn pour dompter sa crinière.

  • Le bierbüch : Il n'y a pas d'équivalent dans le Larousse pour ce chef-d'œuvre lexical qui désigne très exactement le « ventre de buveur de bière ». Quand ces messieurs abusent de la binouze et arborent une belle brioche, ils ont un bierbüch.

  • Frèch : Si tu es frèch avec tes parents, ça va barder. C'est notre façon à nous de qualifier quelqu'un d'insolent ou d'effronté. (Note : les Haut-Rhinois diront frach, mais ici c'est Le Bonbon Strasbourg, pas Le Bonbon Mulhouse !).

  • La tirette : « Fermeture éclair », c'était beaucoup trop d'effort à prononcer. Quand le vent souffle, on remonte la tirette de sa veste (en priant pour qu'elle ne se coince pas dans le tissu).

  • Les kneckes : Signifie « gamin » ou « garnement ». Dans les rues strasbourgeoises, vous entendrez souvent : « Sacré kneckes, va ! ».

  • Extrawurst : Si on vous traite d'extrawurst, c'est que vous faites la fine bouche et que vous êtes un chieur d'première au moment de passer commande.

  • Ratcher (ou quatcher) : L'art d'échanger les derniers potins du quartier. Quand les commères du coin papotent sur un banc, elles ratchent.

Ces expressions locales pour rappeler à tout le monde d'où vous venez

  • Ça geht ? : Le « How you doin’ ? » de Joey dans Friends, mais servi avec l'accent d'ici.

  • Hopla (geiss) ! : Le mot couteau-suisse absolu. C'est notre « vamos », notre « allez hop », notre « et voilà ! », et même notre formule de politesse quand on bouscule quelqu'un dans le tram.

  • Weisch : Placé à la fin de chaque phrase par nos aînés. Ça veut dire « tu sais », mais s'utilise exactement comme le « tu vois ? ». Weisch ?

  • Ou bien ? : À caser sans modération en fin de question. « On va boire une mousse ou bien ? ». Inutile d'ajouter quoi que ce soit d'autre.

  • Ils veulent du beau temps : L’application météo de votre pote parisien annonce des hallebardes ce samedi ? Aucun problème, Catherine Laborde veut du soleil. Et on ne contredit pas Catherine.

  • Et surtout la santé ! : La ponctuation universelle. On la sort aux anniversaires, au Nouvel An, ou juste pour conclure n'importe quelle discussion croisée sur le trottoir.

  • Gsundheit / Santé : Ici, la santé c'est du sérieux. Si quelqu'un éternue, oubliez le « à tes souhaits » et décochez un retentissant « Gsundheit ! ».

  • ’S gilt ! : Comme « santé » sert déjà à saluer les éternuements, on utilise « ’S gilt ! » pour choquer les verres et trinquer à la vôtre.

  • Service ! : Vous dites merci au serveur ou à la vendeuse ? On ne vous répondra jamais « je vous en prie », mais un dynamique « Service ! » (avec le sourire en prime).

  • Ça tire : Non, personne ne dégaine d'arme à feu. Il y a juste un sale courant d'air parce qu'une fenêtre est restée entre-baillée.

  • Montre moi-le : L'inversion grammaticale signature. Fonctionne aussi à merveille avec « passe moi-le » ou « répète moi-le ».

  • Comme dit : La formule magique pour lier deux idées. « Comme dit, on se capte à l'apéro ! ».

  • Avoir du späck : Le späck, c'est la couenne, la graisse. On connaît le summer body, mais ici on assume totalement le alsatian body.

Le bonus ultime : les onomatopées typiques

  • Yo ! : L'expression reine. À ne surtout pas confondre avec le « yo » du rap US. Ici, c'est l'étonnement pur : « Yo ! Arrête donc ! » ou le rappel à l'ordre : « Eh yo, tu vas me ranger cette chambre ou bien ? ».

  • Yeuuuuuh ! : Le cri du cœur. Devant un chiot trop mignon ou un bébé, personne ne dit « oooh ». Tout le monde lâche un « Yeuuuuuh, salut bibele ! ».

  • Oh yeeeeh ! : (À prononcer oyééé). L'expression de la panique ou de la surprise totale. Le truc qu'on lâchait au collège quand le prof ramassait les devoirs : « Oh yeehhh, j'ai complètement oublié, gottverdammi ! ».

En bref : Même si météo France veut du beau temps, n'oubliez pas de remonter votre tirette et d'enfiler une finette au cas où ça tire, weisch ? Des schmoutz les kneckes !